Dernier coup de coeur
The Gathering - The West Pole
Par Anaon le 14 juin 2009 | Aucun commentaire
Lorsque Anneke Van Giersbergen annonce son départ de The Gathering en 2007, on pouvait craindre le pire pour la formation hollandaise. Difficile en effet de succéder à cette formidable chanteuse qui a su attendrir même les plus “metalleux” et se révéler comme une vocaliste pour ainsi dire intouchable. Le fait est que la carrière du groupe “période Anneke” est pour ainsi dire parfaite, sans faux pas, inspirée et envoûtante. Une page se tourne et l’histoire se répète, les fans crieront à l’hérésie, quel blasphème de remplacer une telle voix. La courageuse remplaçante se prénomme Silge Wergeland, ex-Octavia Sperati et aura la lourde tâche de nous faire voyager vers le pôle ouest. Un peu comme lors de l’arrivée de Steve Hogarth dans Marillion, qui remplaça le charismatique Fish, ce changement ne sera pas sans dégâts et les plus fermés d’esprit resteront sur le bord de la route et ce, malgré les efforts des frères Rutten et les qualités éventuelles du disque. Ce nouveau chapitre ouvre sur l’instrumentale “When Trust Becomes Sound”, dynamique et énergique, puis Mlle Wergeland entre en scène sur la lumineuse “Treasure”. Premier constat son chant se rapproche effectivement du style de Anneke mais comment les fans (et les moins fans) peuvent crier à la copie carbone, proclament dans le même temps qu’Anneke est unique et irremplaçable. Paradoxal. Même univers vocal certes, cette même mélancolie palpable, mais aussi des différences qui se révèlent au fil des écoutes, notamment cette magnifique, limpide et aérienne, voix de tête. “All You Are” est elle aussi assez rythmé et son refrain se fait même plutôt symphonique. Pour le moment, on quitte un peu l’univers qui flirtait parfois avec le trip hop des albums précédents, le ton est plus dur, plus rock, tout en restant très aérien. Vient alors un titre clé de l’album, un titre évoque l’excellent How To Measure A Planet? et qui n’aura pas dépareillé sur ce dernier, il s’agit de “The West Pole”. Tout en émotion, le refrain, aérien et émotionnel au possible, file des frissons et ce dès la première écoute, plus atmosphérique, évanescent, il s’agit là d’un morceau qui devrait devenir un nouveau classique du groupe (lorsque la complainte “c’était mieux avant” se sera dissipée…). Sublime! “No Bird Call” est plus posée, intimiste et mystérieuse, “Capital Of Nowhere”, avec Anne van den Hoogen en guest au chant, continue sur cette lancée apaisée, envoûtante, avec un break qui rappelle encore How To Measure A Planet? et un final épique. Anneke ou pas, nous sommes bien dans du pur The Gathering. La mélancolique et intime “You Promised Me a Symphony”, piano voix classieux et triste fait office de pause. S’en suit alors les 8 minutes de “Pale Traces” avec Marcela Bovio (Elfonia, Stream Of Passion) au chant qui pour le coup se rapproche davantage de Anneke - et honnêtement Silge manque déjà. Mais ce titre est excellent avec un break instrumental, aux cordes à l’honneur, superbe. “No One Spoke” est énergique mais un peu en deçà du reste. Mais l’album se termine en beauté sur “A Constant Run” et un final instrumental pour le moins épique. The West Pole divise mais divise-t-il pour les bonnes raisons? Le départ d’Anneke semble pour certains suffire à dire que cet album est un échec. Personnellement, je suis ravi de voir que l’esprit de The Gathering est toujours bel et bien présent, tout en nuance, en émotion. D’autant que la carrière solo de Anneke n’est pour l’instant franchement pas transcendante et que The Gathering formait un tout cohérent et harmonieux. Avec The West Pole, une nouvelle harmonie se dessine, basée sur un certain retour aux sources se rapprochant davantage de How To Measure A Planet? que de Souvenirs, espérons que le groupe sache profiter de ce nouveau souffle par la suite. Pour ma part, je trouve cet album splendide, un de ces disques rares, émotionnels et aériens, qui donnent des frissons.
Appréciation: 









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