Tori Amos – Little Earthquakes
Par kReEsTaL, le 25 septembre 2007 | Style: Pop-Rock - Année de sortie: 1992
“Little Earthquakes” marque le recommencent de la carri├Îre de Tori Amos. Je dis “recommencement” car “Little Earthquakes” n’est pas ├ proprement parler le premier album de la torride Tori: son premier v├⌐ritable album s’intitulait “Y Kant Tori Read”. Sorti en 1988, aussi introuvable qu’in├⌐coutable, ce premier CD fera un bide monumental (et, ├ l’├⌐coute du dit disque, on comprend pourquoi). Tori, vex├⌐e et par cet ├⌐chec et par l’image de “bimbo” que voulait alors lui coller Atlantic Records, son label d’alors, retourne donc de l├ o├╣ elle vient – l’ombre – pour repartir de z├⌐ro musicalement parlant; elle vire alors le groupe avec lequel elle avait enregistr├⌐ “Y Kant Tori Read”, et se r├⌐installe aupr├Îs de la muse qu’elle avait injustement d├⌐laiss├⌐e: son piano.
Deux ans plus tard, Tori Amos se pointe chez Atlantic avec, en poche, la d├⌐mo de ce qui deviendra “Little Earthquakes”. Apr├Îs un catapultage ├ Londres, quelques remaniements de tracklist ainsi que moult concerts pour attirer l’attention des journalistes et d├⌐cider ainsi son label ├ financer l’album, le disque para├«t enfin d├⌐but 1992.
“Little Earthquakes” est un journal intime sonore et po├⌐tique, qui aborde frontalement des sujets graves tels que le masochisme, la religion chr├⌐tienne, le genre ainsi que le viol, tout en les faisant cohabiter avec la beaut├⌐ et la noblesse musicales les plus absolues. Toujours sinc├Îre, tant├┤t critique, meurtrie, ou complice, Tori Amos livre l├ un album culte, parfaitement repr├⌐sentatif de sa musique, de sa plume et de sa voix, laissant au vestiaire pantalons en cuir et moumoute cr├¬p├⌐e h├⌐rit├⌐s des eighties au profit de m├⌐lop├⌐es au piano soign├⌐es et intenses, jou├⌐es dans la plus pure nudit├⌐ de son ├óme, et d’un chant de sir├Îne aussi beau que troublant.
On ne pourrait imaginer de meilleure introduction ├ l’univers de Tori Amos, ├ la fois abrupt, f├⌐erique et spirituel, que “Little Earthquakes”: cet album contient non seulement les grands th├Îmes qui rythmeront toute la discographie de la musicienne, mais ├⌐galement un sens de la m├⌐lodie, subtilement mise en valeur par une production proche de l’acoustique, qui ne la quittera jamais.
Tori Amos a compos├⌐ cet album tr├Îs personnel comme elle aurait pu ├⌐crire son journal intime: ainsi, des titres tels que “Silent of these years”, “Girl” ou “Me and a gun”, ce terrible morceau a capella o├╣ elle aborde le viol qu’elle subit quelques ann├⌐es plus t├┤t, passeront ├ la post├⌐rit├⌐ comme les titres les plus intimes qu’elle ├⌐crira jamais.
A premi├Îre ├⌐coute, on pourra ├¬tre surpris(e) par l’apparente douceur de l’album, qui, pour les auditeurs qui ne l’├⌐couteront que d’une oreille, n’en fera qu’un CD de pop m├⌐lancolique parmi d’autres. En revanche, pour les celles et ceux qui feront l’effort de r├⌐├⌐couter plusieurs fois l’album, de lire et de comprendre les paroles, un ph├⌐nom├Îne ├⌐trange mais, n’ayez crainte, totalement inoffensif pourra se produire: ├ savoir, un d├⌐but d’addiction aux paroles, au piano et ├ la personnalit├⌐ aussi troubl├⌐e que troublante de Tori Amos.
Appréciation: 













Le 26 janvier 2008 à 23:32
Je te passerai un de ces quatres ma joute concernant cet album…joute contre l’Homme dans sa ridicule singularit├⌐…th├Îme central s’il en est de l’album, malgr├⌐ lui…