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Marillion – Seasons End

Par Anaon, le 4 octobre 2006 | Style: N├⌐o progressif de grande classe - Année de sortie: 1989

  
   9,5/10
Seasons End de Marillion

Si Steve Hogarth a h├⌐sit├⌐ avant de rejoindre le groupe Marillion, fin des ann├⌐es 80, on peut deviner qu’il n’a pas regrett├⌐ son choix apr├Îs le succ├Îs de l’album Seasons End. Pourtant, si aujourd’hui Steve Hogarth est reconnu au sein du groupe et qu’il fait d├⌐sormais (presque) l’unanimit├⌐, on peut comprendre son h├⌐sitation de l’├⌐poque. Et bien oui, succ├⌐der ├ Fish, ce colosse ├⌐cossais ├┤ combien charismatique, ├ l’univers si personnel et au talent d’├⌐criture si particulier, ne se d├⌐cide pas du jour au lendemain. C’est une d├⌐cision qui demande m├╗re r├⌐flexion car en quatre albums studio avec Fish, Marillion s’est forg├⌐ une identit├⌐ tr├Îs marqu├⌐e, un univers symbolique particuli├Îrement profond. Et le changement allait ├¬tre difficile. Une solution efficace : Oublier ces symboles, les d├⌐truire pour en cr├⌐er de nouveaux. Ainsi sur la pochette, le cam├⌐l├⌐on br├╗le et le jester tombe dans l’eau, se noie, c’est la fin d’une ├⌐poque, les “fin des saisons”.

La fin d’une ├⌐poque mais c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre ├ nous, un nouveau chapitre ├┤ combien passionnant, on le sait aujourd’hui. Passionnant, comme cet album Seasons End, du d├⌐but ├ la fin. Depuis les premi├Îre secondes de “The King Of Sunset Town” o├╣ le groupe fait durer le suspens, toute en nuance, le chant se place, on d├⌐couvre un Steve Hogarth subtile, et puis c’est l’explosion du refrain, puissant et lyrique. Un premier titre qui aurait pu figurer sur Clutching At Straws, nous voil├ donc rassur├⌐s sur la direction musicale que le groupe a choisi. Ainsi, Marillion continue de nous faire voyager comme il a toujours su le faire. Le magnifique “Easter” nous emm├Îne en Irlande, loin de tout, et Steve Rothery nous offre l’un de ses solos les plus g├⌐niales (La l├⌐gende dit que ce solo a ├⌐t├⌐ enregistr├⌐ en une fois). Puis en Angleterre, ├ Londres, o├╣ semble-t-il, il ne neigera plus, comme le narre la superbe “Seasons End” aux refrains poignants. Puis nous voil├ en Allemagne pour un rock progressif dont seul Marillion a le secret : “Berlin”, un titre qui prend le temps de se d├⌐velopper avec un final de toute puissance, Steve Hogarth continue de justifier avec talent sa place de nouveau vocaliste du groupe.

Et lors de ce voyage nous rencontrons diff├⌐rents personnes comme cette ├⌐trange invit├⌐ de “The Uninvited Guest”, un titre single particuli├Îrement ent├¬tant et au solo inattendu qui prouve que Steve Rothery est toujours bien pr├⌐sent et demeure l’un des meilleurs guitaristes m├⌐lodiques qui soit, trop peu reconnu… Une autre rencontre, celle d’une jeune fille sur “Holloway Girl” o├╣ l├ encore le groupe joue avec nos ├⌐motions, jouant entre la douceur de certaines m├⌐lodies, et une certaine puissance (Tout comme sur le titre “After Me” d’ailleurs) qui rappelle ├ les envol├⌐es instrumentales de Clutching At Straws. Et puis le voyage se termine dans l’espace… C’est pr├⌐cis├⌐ment l├ o├╣ nous nous trouvons ├ l’├⌐coute de “The Space” o├╣ Mark Kelly utilise talentueusement les nappes de claviers et instaure ainsi une th├⌐├ótralit├⌐ parfaite pour la voix de Steve Hogarth qui ne peut que mieux s’exprimer sur ces diff├⌐rents mouvements et qui nous livre lors de l’envol├⌐e finale l’une de ses plus belles prouesses vocales et qui nous conforte ainsi dans l’id├⌐e que ce dernier est parfaitement ├ sa place au sein du groupe et que la nouvelle musique de Marillion, plus puissante, plus nuanc├⌐e aussi, s’est trouv├⌐e une nouvelle voix.

Seasons End succ├Îde ├ Clutching At Straws naturellement. Car chez Marillion, le talent semble tout naturel, et ce n’est pas l’arriv├⌐e de Steve Hogarth qui me contredira (Surtout lorsqu’on conna├«t la suite… Brave… Afraid Of Sunlight…). Evid├⌐mment certains regretteront la disparition de l’univers bien particulier de Fish, ses paroles si acides, tortur├⌐es et brillantes, la disparition du Jester, concept qui s’├⌐talera sur, pour ainsi dire, quatre albums ce qui est assez unique. C’est regrettable mais pourtant, on peut penser que Marillion p├⌐riode Fish avait ├ peu pr├Îs tout dit et que le d├⌐part du poisson a ├⌐t├⌐ une opportunit├⌐ unique, celle de se renouveler, de ciseler davantage sa musique et d’aborder de nouveaux th├Îmes. Et si la transition est parfaite, c’est que Steve Hogarth et Fish partage quelque part ce m├¬me romantisme bris├⌐, cette sph├Îre ├⌐motionnelle ray├⌐e. Ainsi, Marillion gardera toute sa profondeur, et gagnera m├¬me une certaine puissance, fruit d’une nouvelle coh├⌐sion entre la voix et la musique, pour affronter du mieux possible les 90’s. Jusqu’ici, nous sommes toujours dans… “Le grand Marillion”…

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