Dark Sanctuary – Royaume M├⌐lancolique
Par kReEsTaL, le 30 septembre 2006 | Style: Dark atmosph├⌐rique - Année de sortie: 1999

La r├⌐├⌐dition luxueuse de “Royaume M├⌐lancolique”, le premier album de Dark Sanctuary, en digipack nous permet de d├⌐couvrir ce pur joyau de musique et de contemplation, d├⌐passant presque le niveau de ses successeurs. Dark Sanctuary est un groupe qui n’a jamais rien fait comme les autres: des sorties au compte goutte, de tr├Îs rares concerts, un line-up de six musiciens dont trois femmes (enfin un groupe o├╣ la chanteuse n’est pas mise sur un pi├⌐destal crypto-sexuel et f├⌐tichiste…), ainsi que des albums longs, lents et intellectuels. Comment ne pas faire l’├⌐loge d’une musique aussi ├⌐l├⌐gante, aussi sobre et aussi poignante, totalement ma├«tris├⌐e, et ├ l’enregistrement somptueux? Oui, nous l’avouons: Dark Sanctuary est l’un des grands chouchous de Progtheater.
Ce premier album est une ├┤de ├ la m├⌐lancolie, qui malgr├⌐ son aspect d├⌐sesp├⌐r├⌐ment d├⌐tach├⌐ de toute chose, ne laisse jamais l’auditeur indiff├⌐rent. La plupart des chroniques et des articles ├⌐crits sur Dark Sanctuary et sur leur musique redoublent de louanges sur la voix f├⌐minine, ├⌐th├⌐r├⌐e au point d’en devenir translucide et tr├Îs fragile, qui hante la plupart des morceaux du groupe. Pourtant, le soin apport├⌐ au jeu des instruments est passionnant. Au niveau percussions, les rythmes semblent provenir du tr├⌐fond des t├⌐n├Îbres, et rappeler sans cesse des battements de c┼ôur maladifs ou un peu trop forts. Les percussions sont tant├┤t d├⌐licates, voire quasi-absentes, tant├┤t puissantes, mais ne sont jamais envahissantes. La recherche musicale de Dark Sanctuary ne se situe pas au niveau de la performance, mais bel et bien au niveau de l’harmonie. Et, quand “Miserere” commence, on ne peut que prendre conscience, au plus profond de nous m├¬mes, de l’ampleur de ce ph├⌐nom├Îne. Les claviers sont ├⌐galement sobres, malgr├⌐ la grande tristesse qui ├⌐mane de nappes qui semblent conduire ├ l’or├⌐e d’une For├¬t interdite tout au long de l’album. A ce stade de “Royaume M├⌐lancolique”, l’auditeur a depuis longtemps perdu de vue les fronti├Îres de la Lorien, et se dirige lentement vers le c┼ôur de cette for├¬t emplie d’une infinie sollicitude. L’appel des voix sopranes, d├⌐licates comme des fleurs de verre, est irr├⌐sistible, et on suit bien volontiers le chemin qui nous am├Îne aux bords du Styx. Le principal int├⌐r├¬t de la musique de Dark Sanctuary est sa capacit├⌐ ├ cr├⌐er des images devant – ou derri├Îre – les yeux de l’auditeur. Des images qui surgissent de nulle part, ou plut├┤t du fond d’une m├⌐lancolie trop longtemps ├⌐cart├⌐e d’office. Les violons semblent marquer le d├⌐part des Elfes pour les Terres Immortelles, tandis qu’une voix sortie de nulle part lance des sortil├Îges en latin. La voix divine et presque surnaturelle de Marquise Ermia rappelle les Grands Elfes, ces Reines et ces Rois t├⌐n├⌐breux mais ├⌐trangement brillants, intouchables dans leur gr├óce majestueuse et sacr├⌐e. On aime particuli├Îrement “Valley of the Pain” dont l’intro rappelant les landes irlandaises annoncent un ch┼ôur f├⌐minin majestueux et troublant. L’atmosph├Îre vaporeuse et digne que d├⌐gage “Royaume M├⌐lancolique” est unique. Rarement il nous aura ├⌐t├⌐ donn├⌐ d’├⌐couter une telle merveille musicale et ├⌐motionnelle, permettant ├ l’auditeur un voyage introspectif dans le monde toujours un peu plus oubli├⌐ du Romantisme et de la M├⌐lancolie. Cette magie incarn├⌐e dans quelques notes de musique se reproduira, sous d’autres aspects, dans “De Lumi├Îre et d’Obscurit├⌐”, le deuxi├Îme album du groupe.



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