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Porcupine Tree – Fear Of A Blank Planet

Par Anaon, le 12 mars 2008 | Style: Rock progressif moderne - Année de sortie: 2007

  

Porcupine Tree - Fear Of A Blank PlanetAvec cet album, Porcupine Tree revient en force apr├Îs un Deadwing plut├┤t r├⌐ussi mais globalement moins abouti que l’album de rock progressif moderne d├⌐sormais incontournable qu’est In Absentia. Il est bien ├⌐vident que le challenge pour Mr Wilson ├⌐tait de r├⌐it├⌐rer l’exploit d’un album aussi ├⌐clectique que coh├⌐rent, aussi progressif que simplement rock. Si Deadwing contenait de v├⌐ritables petits bijoux (“Arriving Somewhere But Not Here”, “The Start of Something Beautiful”, “Mellotron Scratch”), il comportait aussi certaines faiblesses notamment dans ses titres plus courts, certes efficaces, mais insidieusement destin├⌐s ├ satisfaire ceux qui tirent les ficelles. Et Steven Wilson lui-m├¬me le regretta et ne souhaitait pas commettre la m├¬me erreur avec l’album successeur. R├⌐sultat, Steven Wilson se l├óche, reprenant la recette subtilement dos├⌐e de In Absentia, en l’enrichissant, l’affinant et au final, r├⌐ussir le pari de se renouveler sans se r├⌐p├⌐ter (s’autorisant m├¬me une citation musicale justement assez os├⌐e et donc jouissive de “Trains” sur la sublime “Sentimental”). Le groupe parvient ├ doser avec brio les passages rock efficaces et les parties atmosph├⌐riques dont le groupe ├⌐tait si friand ├ ses d├⌐buts. Le m├⌐lange de ces deux aspects du Porcupine Tree actuel fr├┤le la perfection comme en t├⌐moigne le titre d’ouverture “Fear Of A Blank Planet” ou bien s├╗r, le titre “Anesthetize” qui d’autre part fait partie des titres les plus longs du groupe avec ses 17 minutes. Le gros morceau de l’album donc, en terme de dur├⌐e mais aussi et surtout en terme de composition. On tient l├ un titre de rock progressif moderne de haute vol├⌐e, v├⌐ritable le├¯on musicale de la part de Steven Wilson. Aujourd’hui, il est de bon ton de critiquer Porcupine Tree et les talents de composition de son leader. De mani├Îre g├⌐n├⌐rale, il est courant de d├⌐tester aujourd’hui un groupe qui conna├«t un certain succ├Îs, groupe que l’on a ador├⌐ alors qu’il ├⌐tait m├⌐connu, “underground”, certains pensent m├¬me que ├¯a leur donne une certaine cr├⌐dibilit├⌐ dans leur critique (notamment en France). Alors forc├⌐ment, Steven Wilson peut d├⌐ranger, le jeu de Gavin Harrisson peut agacer (il en ferait trop? Certes, le reproche-t-on ├ des batteurs comme Neil Peart, non! Gavin Harrisson fait d’ailleurs un peu partie de la rel├Îve ├ mes yeux). Les paroles aussi peuvent d├⌐plaire dans leur style tr├Îs concret et tournant autour des m├¬me th├Îmes (adolescence, perte, la technologie sur les relations humaines, la solitude… Quant ├ dire qu’elles sont na├»ves ou simplistes, c’est un peu passer ├ c├┤t├⌐ du fait que Steven Wilson se met justement dans la peau de jeunes perturb├⌐s et s’expriment donc plus ou moins en cons├⌐quence). Ajouter ├ cela le fait que l’album s’offre le luxe de deux guests stars de grande classe ├ savoir Robert Fripp (King Crimson), qui joue de ses “soundscapes” sur “Way Out of Here” et Alex Lifeson (Rush) qui y va de son solo sur “Anesthetize” et on entend crier au scandale, le coup de l’argument “marketing”, de vouloir app├óter les vieux fanas de rock progressif, et le groupe qui signe en plus chez RoadRunner, serait-ce une conspiration contre les fans de Voyage 34? L’argument du “groupe commercial” n’est pas loin… Tr├¬ve de plaisanterie, s├⌐rieusement si vous n’appr├⌐ciez pas In Absentia ou m├¬me Deadwing, ne gaspillez pas votre temps avec Fear Of A Blank Planet! Si Deadwing vous a quelque peu d├⌐├¯u (comme moi), ne passez pas trop vite votre chemin car Porcupine Tree est plus int├⌐ressant que jamais! Et leur concert ├ l’Olympia au mois de d├⌐cembre r├⌐v├⌐lait un groupe qui ma├«trise parfaitement son art. Et ce dernier signe avec Fear Of A Blank Planet un nouvel incontournable du rock progressif moderne, qui ne conna├«t pas vraiment d’├⌐quivalence.

Appréciation: ★★★★★★★★★½

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6 commentaires pour “Porcupine Tree – Fear Of A Blank Planet”



  1. Merci pour cette chronique d’un album qui aura au moins eu le m├⌐rite de faire parler du rock progressif au del├ du cercle tr├Îs ferm├⌐ des amateurs du genre.
    Je dirais pour ma part que, musicalement, cet album est dans la lign├⌐e directe de Deadwing, mais en plus homog├Îne. Cel├ signifie, comme tu l’as dit, qu’on ne retrouve pas les points faibles de Deadwing. Mais je pense aussi que “Fear” n’atteint jamais non plus les m├¬mes sommets, comme “The start of something beautiful” ou certains passages de “Arriving somewhere”. Il n’emp├¬che que “Fear” parvient ├ maintenir la qualit├⌐ sur toute sa longueur, ce qui n’├⌐tait pas forc├⌐ment le cas avec Deadwing.
    Je ne peux toutefois pas m’emp├¬cher d’├⌐prouver une certaine d├⌐ception ├ ne plus ├¬tre surpris par PT. C’est assez paradoxal mais le groupe nous avait habitu├⌐s ├ des revirements de style au cours de sa carri├Îre: pl├╗t├┤t psych├⌐d├⌐lique ├ la Pink Floyd ├ leurs d├⌐buts, puis un virage pop-progressif-m├⌐lodique fa├¯on Marillion ├ l’├⌐poque Stupid Dream-Lightbulb Sun, puis, plus r├⌐cemment, un virage un peu plus heavy avec In absentia. Le groupe semble aujourd’hui d├⌐termin├⌐ ├ rester dans ce style heavy, et on ne peut certes pas leur demander de changer de style ├ chaque album. Mais j’ai toujours eu l’impression que les gros riffs metal ne leur convenaient pas tout ├ fait. Je suis d’ailleurs toujours g├¬n├⌐ par leur fa├¯on de balancer un riff gratuitement sans que cel├ emm├Îne le morceau nulle part: “Anesthetize” et “Way out of Here” en sont de parfaits exemples mais c’├⌐tait d├⌐j├ le cas sur “Arriving somewhere”. Bien s├╗r, le g├⌐nie m├⌐lodique de Wilson compense largement cel├ pour moi, donc j’appr├⌐cie beaucoup “Fear” malgr├⌐ tout, mais j’ai un peu peur pour la suite: le groupe ne va-t-il pas s’enfermer dans une case, ce qu’il avait toujours brillamment ├⌐vit├⌐ jusqu’├ pr├⌐sent?

    sly_invite n'a pas noté cet album

  2. Justement, je partage tout ├ fait ton avis mais il ne faut pas crier au loup trop vite (l’expression :lol: ), on pourrait voir l├ un trilogie In Absentia/Deadwing/Fear Of A Blank Planet et on peut esp├⌐rer, imaginer, que le prochain album sera diff├⌐rent, je serais ├⌐galement assez d├⌐├¯u si ├¯a n’├⌐tait pas le cas car pour le coup, je sais pas s’ils peuvent encore pousser ce style l├ plus loin, m├¬me s’il s’agit de leur identit├⌐ musicale… Wait and hear :)

    Anaon n'a pas noté cet album

  3. Tu es la voix de la sagesse: en effet, pour chacun de leurs “styles” diff├⌐rents, ils y sont rest├⌐s le temps de 2 ou 3 albums, donc il n’y a pas de raison de leur faire le moindre reproche pour l’instant.
    Je serai, comme toi, beaucoup plus critique envers leur prochain disque s’ils n’├⌐voluent pas. On sait bien que le p├Îre Wilson a plus d’une carte dans sa manche, mais au vu de ses interviews r├⌐centes, il n’a pas vraiment l’air de vouloir sortir de son trip m├⌐tal. Laissons-lui pour l’instant le b├⌐n├⌐fice du doute, mais pour ma part, je l’ attends au tournant.

    sly_invite n'a pas noté cet album

  4. :grin:

    fifi n'a pas noté cet album

  5. remettons les choses ├ leur place. Chercher le d├⌐faut, la faute de go├╗t, les comparaisons avec d’autres albums chez steve wilson est triste quand on ouvre ses oreilles sur le paysage musical fran├¯ais actuel.
    Steve Wilson est un compositeur de g├⌐nie, avec porcupine comme avec blackfield. Un immense sens de la m├⌐lodie, du refrain imparable. Alors peut-├¬tre que par moment ├¯a peut para├«tre trop ?! mais la critique pouvait aller ├⌐galement ├ l’encontre d’un pink floyd quant ├ ses cris stridents sur echoes…. Alors imaginons un jour qu’anesthetize devienne l’echoes de demain.

    eldoudou n'a pas noté cet album

  6. Pour moi ├¯a l’est! Je ne sais pas si l’on est nombreux ├ le penser mais “Anesthetize” va devenir un classique du rock progressif moderne, au m├¬me titre que “Echoes” est un classique du rock prog vintage.

    Anaon n'a pas noté cet album

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