Mullmuzzler – Keep It To Yourself
Par Anaon, le 6 octobre 2006 | Style: Metal progressif moderne - Année de sortie: 1999

Ca y’est, James Labrie aussi se lance ├ son tour dans une aventure solo et le moins que le puisse dire, c’est qu’il a su s’entourer et c’est d├⌐j├ un signe de grande maturit├⌐ artistique. Accompagn├⌐ de membres de Magellan (Trent Gardner), Shadow Gallery (Gary Wehrkamp et Carl Cadden James) et Dali’s Dilemma (Matt Guillory) qui vont lui servir des compositions taill├⌐es sur mesure pour sa voix, il s’entourent ├⌐galement de tr├Îs bons interpr├Îtes. R├⌐sultat, ce premier album n’est pas rat├⌐, c’est aussi simple ├ dire que ├¯a et pourtant, r├⌐unir des artistes talentueux ensemble n’est pas toujours synonyme de succ├Îs. L├ en l’occurrence, ce “Keep It To Yourself” fait mouche. Pourquoi? D’abord parce que James Labrie n’a pas eu la pr├⌐tention, et l’humilit├⌐ aussi, de vouloir reproduire un ersatz de Dream Theater, ce qui aurait ├⌐t├⌐ de toute fa├¯on un ├⌐chec, nulle besoin d’expliquer pourquoi. Au contraire, J. Labrie nous propose avec cet album un panel de diff├⌐rentes ambiances peut-├¬tre m├¬me plus vari├⌐es que dans son groupe principal. L’ensemble commence sur des rythmes rapides (“His Voice”, “Statued”) avec des m├⌐lodies particuli├Îrement efficace et sans compromis… On se demande alors si l’ensemble de l’album va garder ce rythme soutenu et si la formation va nous offrir des petites escapades plus progressives, r├⌐ponse d├Îs le troisi├Îme titre “Shore Of Avalon” et ses 8 minutes o├╣ James Labrie a le temps de nous montrer encore une fois l’├⌐tendu de son talent (Tout comme les musiciens qui l’accompagnent d’ailleurs parce qu’il est tordu ce morceau).
Et la suite de l’album se d├⌐roule de la m├¬me fa├¯on, entre passages accessibles et parties plus aventureuses, comme le tr├Îs sp├⌐cial “Beelzebubba” o├╣ la patte de Trent Gardner est ind├⌐niable puisque le morceau sonne comme du Magellan, tr├Îs bon moment ├⌐galement avec “Guardian Angel”, joliment interpr├⌐t├⌐ avec un chant parfois un peu na├»f mais qui colle bien avec les m├⌐lodies du titre, on retiendra aussi entre autre la tr├Îs r├⌐ussie “Sacrifice” et ses effets de vois, et bien entendu le final “As A Man Thinks” et son intro au chant assez ├⌐poustouflante, qui surprend au d├⌐but, mais force est de constater qu’il faut l’envoyer cette intro et oser le faire, et c’est pas vraiment dans Dream Theater que Labrie pourrait le faire donc il a bien raison de suivre ses pulsions sur son album.
Et c’est finalement ├¯a que l’on retient de ce premier essai, James Labrie a voulu se faire plaisir. Essai r├⌐ussi donc. Un disque qui sonne de mani├Îre assez sophistiqu├⌐e tant dans les sons que dans la production (Sign├⌐ Terry Brown qui s’occupe aussi de Rush), et qu’on se surprend ├ ├⌐couter et r├⌐-├⌐couter encore sans vraiment se lasser malgr├⌐ les m├⌐lodies accessibles et des titres parfois moins riches (Mention particuli├Îre au tr├Îs mi├Îvre mais tr├Îs beau, c’est souvent comme ├¯a avec James Labrie, “Slow Burn”). James Labrie est souvent critiqu├⌐ au sein de Dream Theater, voire m├⌐pris├⌐, parce qu’il aurait soi-disant un niveau technique inf├⌐rieure ├ ses camarades de jeux, facile ├ dire, surtout que ne serait-ce que d’├¬tre dans un groupe aussi technique que DT doit ├¬tre difficile car ils sont constamment attendus au tournant, alors ├ la place de Labrie. Il faut avoir de sacr├⌐es ├⌐paules et surtout un sacr├⌐ talent, et il le prouve encore un peu plus avec ce tr├Îs bel album.
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