King Crimson – In The Court Of The Crimson King
Par Anaon, le 27 septembre 2006 | Style: Rock progressif Vintage - Année de sortie: 1969

1969, l’aube des musiques progressives. Et si derri├Îre ce visage rouge flamboyant se cachait tout simplement un des premiers albums de rock progressif… S’il ne faut pas sombrer trop rapidement dans la facilit├⌐ d’├⌐tiqueter cet album comme ├⌐tant le chef d’oeuvre absolu de ce style si particulier. Pourtant, il s’agit bien d’un disque majeur dans la carri├Îre du groupe, ├⌐videmment puisqu’il s’agit du premier album du Roi Pourpre, et par chance, ou plut├┤t gr├óce au talent des personnes impliqu├⌐es, il s’agit d’une r├⌐ussite totale ou presque.
Finalement, KC va r├⌐ussir avec cet album ce que leurs pr├⌐d├⌐cesseurs de l’├⌐poque toujours en activit├⌐ n’ont pas r├⌐ussi ├ r├⌐ellement concr├⌐tiser par manque de virtuosit├⌐, ou simplement parce qu’ils ne le souhaitaient pas. Plus virtuose qu’un Procol Harum, plus symphonique et grandiloquent qu’un Moody Blues, et surtout beaucoup plus sombre de fa├¯on g├⌐n├⌐ral, King Crimson va marquer l’histoire d’un style en perp├⌐tuel changement.
├ëvidemment, tout n’est jamais r├⌐ellement parfait, et la “Cour du Roi Pourpre” pourra certainement d├⌐go├╗ter plus d’un auditeur r├⌐fractaire ├ l’emphase si majestueuse du groupe. Sans pour autant surestimer cet album, ce qui lui est beaucoup reproch├⌐ aujourd’hui, on ne peut rester insensible devant cette ma├«trise artistique et po├⌐tique.
Que ce soit le hard rock jazzy d├⌐jant├⌐ (Et repris avec une grande fougue par Noir D├⌐sir sur sc├Îne au passage) de “21st Century Scizoid Man” et ses cuivres inattendus dans un certain chaos o├╣ Greg Lake crache ses paroles avec violence et conviction, ou bien cette si douce ballade, “I Talk To The Wind” et la fl├╗te enchanteresse de Ian McDonald, le Roi Pourpre d├⌐livre une musique nouvelle, ├⌐tonnante, fa├«te d’├⌐clectisme, d’exp├⌐rimentations diverses, de virtuosit├⌐, de grandiloquence novatrice, chacun des musiciens utilisant savamment leurs talents respectifs pour repousser les limites de leur Art.
L’apoth├⌐ose de l’album est proche avec ce morceau, “Epitath”, point culminant ├⌐motionnel rarement atteint, d’une beaut├⌐ sombre si marquante. Proche de la perfection sonore, King Crimson fait preuve d’une ma├«trise absolument exceptionnelle dans la transmission de ses ├⌐motions, dans une dimension po├⌐tique elle aussi rare, sublim├⌐e par les textes de Peter Sinfield, une orchestration d’une gravit├⌐ extr├¬me avec l’intensit├⌐ du mellotron utilis├⌐ avec brio et th├⌐├ótralit├⌐. Greg Lake semble crier ├ qui veut bien l’entendre son d├⌐sespoir ├ l’image du solo de fl├╗te langoureux et d├⌐sesp├⌐r├⌐ment romantique, rendant l’atmosph├Îre presque macabre, pour un final encore plus majestueux.
Une nouvelle fois le groupe sait faire preuve de subtilit├⌐ en ponctuant cette danse d’une grande noirceur de quelques minutes de l├⌐g├Îret├⌐ avec “Moonchild” et sa fin exp├⌐rimentale si controvers├⌐e, indispensable ou pas, la question ne se pose pas ou plus, ces quelques instants de troubles sonores d├⌐stabilisent et rendent la venue du morceau final presque salvateur m├¬me s’il s’agit de nouveau d’une pi├Îce d’une intensit├⌐ oppressante, “In The Court Of The Crimson King” cl├┤t l’album avec cette grandeur magistrale propre ├ King Crimson, mellotron dramatique, arp├Îges de guitares acoustiques, rythmes de batterie subtiles, chant pr├⌐cis, ressenti et choeurs grandioses pour des refrains d’une ampleur fascinante.
Avec ce premier album, King Crimson ├⌐crit en quelque sorte le brouillon du premier chapitre des musiques progressives et aura une influence certaine sur d’innombrables formations, progressives ou pas, qui reprendront avec plus ou moins de talent les grandes lignes de cette oeuvre, sans conteste culte, que toute personne qui souhaite s’int├⌐resser un minimum ├ la musique des 70’s, et plus particuli├Îrement aux origines de la musique progressive, se doit de conna├«tre.
Certes, il ne faut pas surestimer cet album dont le foisonnement cr├⌐atif et l’intensit├⌐ dramatique peuvent perturber certains, mais, il est bel et bien question l├ d’un album indispensable pour quiconque souhaite se laisser s├⌐duire par l’univers du progressif, tout simplement.
Appréciation: 









Mots-clés: Hors du temps, Mellotron, Prog vintage, Symphonique
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Le 5 janvier 2007 à 0:13
C’est LE monument du rock progressif !:grin:
Le 1 septembre 2007 à 15:03
[...] Genesis – Trespass septembre 1st, 2007 Style : Rock progressif symphonique vintage Ann├⌐e : 1970Si From Genesis to Revelation pr├⌐c├⌐de Trespass et constitue le premier album d’un point de vue math├⌐matique, Trespass reste et restera sans doute le premier v├⌐ritable album de Genesis d’un point de vue artistique. Le foss├⌐ qui existe entre leur premier essai tr├Îs “pop na├»ve fleur bleue” et ce second disque est assez incroyable. Avec Trespass, Genesis (qui ne conna├«t pas encore son line-up le plus culte puisque c’est Anthony Phillips qui assure la guitare, d’une bien belle mani├Îre d’ailleurs, et un certain John Mayhew ├ la batterie qui, s’il fait ce qu’il a fait, n’a pas la pr├⌐sence rythmique de Mr Collins, qui rejoindra le groupe sur l’album suivant, Nursery Cryme) pose les bases, et quelles bases, du rock progressif symphonique qu’ils d├⌐velopperont dans les ann├⌐es ├ venir. Nous sommes encore loin de “Supper’s Ready” et pourtant, tout est d├⌐j├ l├ , entre les passages acoustiques et subtiles, o├╣ la fl├╗te traversi├Îre caresse les oreilles et les nappes de mellotron de Tony Banks font r├¬ver, l’orgue hammond omnipr├⌐sent et les cassures rythmiques, le charisme vocale d├⌐j├ bien pr├⌐sent de Peter Gabriel, le son classique de Genesis est d├⌐j├ l├ , nuanc├⌐ et subtile, empreint de cette atmosph├Îre toute british. Trespass date de 1970 et si certains albums comme In the Court of the Crimson King de King Crimson (1969), dont le groupe ├⌐tait fan, ou Days of Future Passed des Moody Blues (1969) symbolisent les d├⌐buts du rock progressif, ce deuxi├Îme album de Genesis est un pas de g├⌐ant pour ce style et si l’ensemble est moins ambitieux que ce que le groupe proposera par la suite, il fait n├⌐anmoins partie des classiques qui donneront au genre ses premi├Îres lettres de noblesse. “The Knife”, chaos ├⌐lectrique sauvage qui cl├┤t l’album et tranche avec le reste du disque, m├⌐rite ├ lui seul la d├⌐couverte de l’album. [...]
Le 6 décembre 2007 à 18:22
Ce disque est un fl├⌐au pour King Crimson et le rock progressif. CΓÇÔest une vitrine d├⌐formante qui a fig├⌐ un ├⌐tat dΓÇÔesprit en genre. Il v├⌐hicule aupr├Îs du plus grand nombre les canons dΓÇÔune musique qui, par essence, ne doit pas en avoir pour rester en mouvement. A part cela, cΓÇÔest un bon disque, bien que surestim├⌐.
Le 3 juin 2009 à 15:18
[...] totalement surr├⌐aliste qui rappelle ├⌐videmment le sentiment que procure la pochette d’In The Court Of The Crimson King de King Crimson, d├⌐rangeante et malsaine. Musicalement parlant, Semiramis d├⌐livre un rock [...]