Honcho – Burning In Water, Drowning In Fire
Par Ugly In The Morning, le 22 octobre 2006 | Style: Heavy Bluesy - Année de sortie: 2004

Avec un titre pareil, on pourrait croire qu’ Honcho cultive le paradoxe. Et bien, musicalement, ├¯a n’est pas du tout le cas, car Honcho c’est avant tout une musique directe, franche et muscl├⌐e. Malheureusement encore m├⌐connu du grand public malgr├⌐ des encensements de la presse, Honcho a atteint en seulement deux albums une qualit├⌐ musicale remarquable. Souvent rapproch├⌐s de Queen Of The Stone Age, Kyuss et Black Sabbath, les norv├⌐giens apportent cependant leur touche bien personnelle alliant le heavy bluesy, le stoner et le grunge.
Depuis leur premier et pr├⌐c├⌐dent effort “Corporate Rock”, Honcho a connu, il faut dire, quelques ├⌐volutions. Tout d’abord, le chanteur Trond Skog a laiss├⌐ sa place ├ Lars Erik Si consid├⌐r├⌐ par certains comme le Mike Patton scandinave. M├¬me si on en est loin et que finalement la disparit├⌐ du timbre entre l’ancien et le nouveau vocaliste est plut├┤t maigre, il apporte un chant rac├⌐ qui colle parfaitement aux nouvelles compositions. Et c’est surtout au niveau de ces derni├Îres qu’on observe un changement plus notable. Non pas que les gros riffs du dernier album se soient envol├⌐s sur ce dernier, mais la part belle est ├⌐galement donn├⌐e ├ des ambiances plus calmes, plus velout├⌐es. Le premier titre “Some Say” d├⌐bute portant comme un Cochise d’Audioslave avec ses deux guitares lourdes et rentre-dedans. Il ouvre parfaitement l’album par son ├⌐nergie, sa puissance mais ├⌐galement par son accalmie sur les passages plus psych├⌐d├⌐liques. Il est ├ l’image de l’ensemble de l’album ├ savoir un titre imposant par sa lourdeur et classe par ces plans a├⌐riens. La m├¬me dichotomie est pr├⌐sente sur “Seeing Red”, plus massif et plus pesant mais toujours accompagn├⌐ des parties atmosph├⌐riques magnifi├⌐es par l’orgue ├⌐lectronique et les deux guitares. Tandis que le rythme s’acc├⌐l├Îre sur “Messenger Messiah”, titre qui sent bon le bitume, les Harley-Davidson et les vestes en cuir ├ frange, on revient ├ du plus doux sur “Hangover Blues”. Ce titre est tout simplement fabuleux, les guitares y sont fantastiques et l’emploi de l’orgue vient rajout├⌐ un certain raffinement ├ l’ensemble. A partir de l├ , je ne sais plus trop comment avancer dans ma chronique sans faire l’emploi permanent de superlatifs. Et pourtant les titres qui suivent sont tout aussi somptueux : “Through” est ├ pleurer de beaut├⌐ sur le d├⌐but du titre o├╣ la douceur des guitares et la voix suave de Lars vous emm├Îne au septi├Îme ciel. Cependant elles sont subitement submerg├⌐es par des riffs lancinant, une basse plomb├⌐e, et toujours les parties psych├⌐d├⌐liques bien inspir├⌐es. Et c’est pas “Silly” du m├¬me acabit qui vous permettra de remettre les pieds sur terre.
“Holy”, sans doute le titre le plus enrag├⌐ de l’album, s’impose quant ├ lui par une certaine agressivit├⌐ au niveau du chant et par des guitares ac├⌐r├⌐es. M├¬me la partie psych├⌐d├⌐lique avec son orgue rappelant les Doors, n’arrive pas ├ rester en place et se transforme en un mur de sonore impressionnant, pour ensuite se terminer ├⌐trangement en une petite chanson jou├⌐e au banjo dans le style de la BO d’”O’Brother”.
Pas de temps de souffler sur le colossal “Falling Behind” sur lequel les moments rapides sont pr├⌐pond├⌐rants et ne laissent la place qu’├ des passages bien lourds.
“Lost and There” vient finalement clore l’album avec les m├¬mes ingr├⌐dients si ce n’est cet excellent final tr├Îs grunge auquel sont greff├⌐s des bidouillages ├⌐lectro.
Ainsi m├¬me si les influences de cet album sont facilement identifiables, il ne reste pas moins une ┼ôuvre originale, d’une classe et d’un feeling absolu et donc parfaitement indispensable. Evidement rien de progressif dans la structure des chansons. La seule affiliation se trouverait peut ├¬tre dans la dur├⌐e de chaque plage, certaines d├⌐passant les sept minutes. Malgr├⌐ cela, il serait vraiment dommageable de passer ├ c├┤t├⌐ d’une telle merveille pour de telles consid├⌐rationsΓdz
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