Steve Hackett – Highly Strung
Par Melo, le 1 octobre 2006 | Style: Rock FM - Année de sortie: 1982

Sixi├Îme album de Steve Hackett et pas l’un des moindres. On peut en effet noter que c’est sur cet opus que figure le d├⌐sormais indispensable “Camino Royale”. Ce titre, sans doute l’un des pr├⌐f├⌐r├⌐s du guitariste est le plus repris en concert, avec “Horizons” (de Genesis).
Est ce justifi├⌐? Ind├⌐niablement. Ce morceau est assez plaisant et rappelle ├ la fois le King Crimson 80′ (sans en atteindre ├ auccun moment la virtuosit├⌐ cependant) tout en gardant cette touche Hackettienne (le toucher comme on dit…). Le refrain et les envol├⌐es ├ la guitare, appuy├⌐es par des nappes de claviers sont assez irr├⌐sistibles.
L’album poursuit son petit bonhomme de chemin et au fil de l’├⌐coute on attend d’├¬tre r├⌐ellement boulevers├⌐…et c’est surtout l├ que se fait une constatation: Hackett a succomb├⌐ ├ la mode de son ├⌐poque. Un son bas├⌐ sur les claviers, plus rock qui rapproche plus son oeuvre d’un Abacab que d’un Voyage of the Acolyte. On se prend alors ├ se demander o├╣ est pass├⌐ cette inspiration qui a pu produire des morceaux tels que “Shadow of The Hierophant” et “Spectral Morning”…
Pas sur cet album apparemment. Pourtant les titres ne sont pas d├⌐sagr├⌐ables ├ entendre: “Walking Through Walls” se laisse ├⌐couter avec beaucoup d’int├⌐r├¬t le refrain est particuli├Îrement entra├«nant, et m├¬me si Hackett et le chant ce n’est pas encore vraiment ├¯a ,il fait ici preuve d’un effort ind├⌐niable .
“Cell151″ n’est pas d├⌐plaisante ├⌐galement…mais quelconque. Hackett qui sonne comme du Toto de mauvaise qualit├⌐ c’est un comble! Invisible Touch de Genesis c’est deux ans apr├Îs mais Steve aurait tout aussi bien pu jouer dessus…Que dire du reste? L’exemple le plus flagrant reste “Weightless” qui manque de saveur mais surtout d’├⌐motions ne serait-ce que dans le chant, et le choix des instruments. Ce qu’il manque ├ cet album c’est une r├⌐elle sensibilit├⌐ car les compositions ne sont pas forcemment mauvaises mais sont trop encr├⌐es dans une ├⌐poque qui ne brilla pas forcemment par son originalit├⌐.
Heureusement un morceau sauve le navire: “Always somewhere Else”, peut-├¬tre la pi├Îce la plus sinc├Îre de cet ensemble. Elle ne tente pas de surprendre, a une construction assez simple, mais l’artiste s’affranchit enfin de cet horrible son dat├⌐ des 80′ et reprend les choses en mains.
En conclusion, cet album est loin d’├¬tre un indispensable et risque plus de d├⌐cevoir l’auditeur en qu├¬te de bonne musique dans le styl progressif vintage d’antan qu’autre chose. Si vous aimez le son qualibr├⌐ soupe et les effets ringards au possible peut-├¬tre vous d├⌐lecterez vous de ce met plus fumeux que fumant.
C’est Kitch, ├¯a a mal vieilli et ce n’est pas toujours de tr├Îs bon go├╗t.
Mais il est toujours bon de constater que m├¬me l’artiste le plus authentique peut sombrer, le temps de quelques morceaux dans la facilit├⌐ commerciale pour repartir de plus belle.
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Le 9 décembre 2006 à 17:10
D’accord dans les grandes lignes. Ce son ann├⌐es 80 sonne effectivement un peu dat├⌐ aujourd’hui, surtout les trois morceaux avec Linn Drum (la premi├Îre bo├«te ├ rythmes, une r├⌐elle nouveaut├⌐ ├ l’├⌐poque). Je suppose qu’un musicien curieux de tout comme Steve se sera fort logiquement passionn├⌐ pour ce nouveau joujou. Evidemment, le r├⌐sultat n’est pas convaincant loin de l├ , mais la d├⌐marche est louable. Dieu seul sait le nombre d’artistes qui en ayant acc├Îs ├ la nouvelle technologie de leur ├⌐poque (cela est vrai ├ toutes les ├⌐poques d’ailleurs, il n’y a qu’├ regarder l’usage g├⌐n├⌐ralis├⌐ des samples dans la plupart des diff├⌐rents styles musicaux actuels) ont tout simplement pens├⌐ faire ├⌐voluer leur travail, prendre des risques. Pour se limiter ├ un exemple, il n’y a qu’├ comparer le travail ├ la guitare-synth├⌐tiseur d’artistes comme Steve Hackett, Robert Fripp, John Mc Laughlin, Pat Metheny : la diversit├⌐ et la qualit├⌐ des r├⌐sultats est l├ pour en attester, mais ceci est bien ├⌐videmment sujet ├ un vaste d├⌐bat. Certains se sont laiss├⌐s dominer par leur machines, d’autres ont pu garder la t├¬te froide et produire une musique toujours aussi sinc├Îre en gardant le contr├┤le des machines. Mais peut-on vraiment leur en vouloir ? Il est inutile de rappeler que les ann├⌐es 80 ont ├⌐t├⌐ impitoyables pour tout le monde, les pressions commerciales de tous bords n’ont pas pu ├¬tre g├⌐r├⌐es de la m├¬me fa├¯on par tous les musiciens. Certains s’en sont sortis mieux que d’autres…
Pour en revenir au disque, je pense que notre cher Steve n’a pas compl├Îtement perdu le nord. Je pense qu’il y a m├¬me un progr├Îs par rapport ├ son pr├⌐d├⌐cesseur, “Cured” : retour d’un vrai batteur sur la plupart des morceaux (en l’occurrence Ian Mosley, futur Marillion), pr├⌐sence de trois instrumentaux de choix : “Always Somewhere Else”, le d├⌐jant├⌐ “Group Therapy” (les parties de guitare sont un grand cru ├ mon humble avis) et “Hackett to Pieces” en guise de conclusion. Peut-├¬tre certains d’entre vous auront ils remarqu├⌐s la r├⌐currence de certains th├Îmes d’un morceau ├ l’autre (celui d’”Always Somewhere Else” pour le solo d’harmonica sur “India Rubber Man”, celui de “Camino Royale” ├ la fin de la jam de “Cell 151″ et la reprise sur “Hackett To Pieces”, et last but not least les riffs ent├¬tants de “Cell 151″ sur “Give It Away” et “Weightless”. Enfin, des m├⌐lodies et des harmonies tout ├ fait plaisantes et des textes corrects, parfois ├⌐nigmatiques (India Rubber Man, jamais compris le rapport entre l’homme ├ la corde magique et la boutique ├ plantes m├⌐dicinales (“m├⌐dicine shop”), pffrtt….). Par contre, effectivement, la voix est poussive et puis il n’y a pas de vrai bassiste, ├¯a g├óche un peu tout, quoique de temps ├ autre, Nick Magnus parvient ├ “├⌐muler” correctement Jaco Pastorius au Mini Moog. Au final, un produit de son ├⌐poque, certes, mais qui m├⌐rite tout de m├¬me le d├⌐tour.
Le 9 décembre 2006 à 17:15
Juste un mot: ton commentaire est superbe, merci
Un excellent exemple est ├⌐galement le Genesis des ann├⌐es 80. Je te rassure, si des fois je “tappe” sur des artistes, surtout des mecs comme Hackett, ce n’est pas par mauvaise foi ou envie de le faire sans raison. C’est surtout parceque ce sont des personnes que j’admire au plus haut point, particuli├Îrement Steve d’ailleurs, et que de temps en temps, il est bon de remettre en cause certaines institutions
Le 9 décembre 2006 à 19:06
No problem, mec. Je crois qu’on s’est parfaitement compris.
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Le 26 février 2008 à 20:08
Bjr
merci pour cce billet fort intéressant
il y a cependant quelques point obscurs : sans en atteindre a auccun moment la virtuosite cependant …qu’entends tu par l├ ? bonne contoinuation