Anathema – Alternative 4
Par Anaon, le 30 septembre 2006 | Style: Rock m├⌐lancolique atmosph├⌐rique - Année de sortie: 1998
Apr├Îs The Silent Enigma et Eternity qui, sans ├¬tre exceptionnels, rassuraient quant ├ l’avenir du groupe mais sonnaient encore comme trop transitoires, Anathema revient avec ce Alternative 4. Et l├ , c’est tout autre chose. Un pr├⌐cision importante : Si vous regrettez depuis The Silent Enigma l’├⌐loignement qui s’op├Îre entre Anathema et le doom metal et qui sera confirm├⌐ avec Eternity, passez votre chemin, si votre culture est fonci├Îrement metal (Et que les autres musiques comme le rock vous ennuient, c’est possible), essayez cet album par curiosit├⌐ mais n’en voulez pas au groupe d’├⌐voluer.
Si l’on quitte l’univers du metal, on en d├⌐couvre un autre tout aussi passionnant, celui d’Anathema, oui cette fois est sans doute la bonne, les contours de la sph├Îre m├⌐lancolique du groupe sont clairement d├⌐finis d├Îs le premier accord plaqu├⌐ de piano de l’introduction “Shroud Of False”. Superbe introduction ├ cet album, rarement ├⌐gal├⌐e dans le domaine et qui nous arrache ├ la r├⌐alit├⌐ jusqu’├ la derni├Îre seconde du dernier morceau “Destiny”. Mais c’est une autre r├⌐alit├⌐ qui se d├⌐voile lentement juste sous nos yeux qui se remplissent de larmes ├ l’├⌐coute du violon de “Fragile Dreams”, une r├⌐alit├⌐ probablement plus sombre, une vision d├⌐sesp├⌐r├⌐e de sentiments caress├⌐s par The Silent Enigma de fa├¯on plus brute et revus de fa├¯on plus profonde avec Alternative 4. Et des larmes commencent ├ couler le long de votre visage ├ l’├⌐coute du break poignant de “Empty”, et ce piano qui vous accompagne doucement vers l’amertume que semble ├⌐voquer Vincent Cavanagh pour aboutir sur le d├⌐sespoir ultime de “Lost Control”, paroles r├⌐alistes pour des pens├⌐es r├⌐alistes, certaines choses ne changeront jamais comme la sinc├⌐rit├⌐ ├⌐voqu├⌐e dans ce solo de guitare classique ou de violon, simple, comme la musique de cet album en g├⌐n├⌐ral mais souvent, les sentiments les plus durs ont aussi cette cruelle simplicit├⌐ magistralement mise en sc├Îne ici.
On note de fa├¯on g├⌐n├⌐rale que si les influences de Pink Floyd ├⌐taient encore tr├Îs pr├⌐sentes sur Eternity, elles se trouvent ici beaucoup plus discr├Îtes, et si la musique n’est pas d’une originalit├⌐ extr├¬me, Anathema cr├⌐e son petit monde, exutoire certain, et l’on ├⌐coute ces plaintes avec empathie. D├⌐j├ ├ la moiti├⌐ de l’album avec le plus rock “Re-Connect” et son cri de douleur, le temps d’une interlude de r├⌐pit “Inner Silence”, qui fait ├⌐cho ├ “Shroud Of False”, interlude l├⌐g├Îrement moins d├⌐sesp├⌐r├⌐e qui sonne comme un constat compris apr├Îs une nuit de solitude, le constat que certaines choses ont une valeur extr├¬mement importante.
Quelques secondes sur le haut de la vague, mais ce n’est que pour mieux sombrer avec le tr├Îs atmosph├⌐rique “Alternative 4″, d’une lourdeur extr├¬me, particuli├Îrement d├⌐primant, on franchit une nouvelle fronti├Îre ├⌐motionnelle avec le passage voix/claviers d’un glauque malsain. Ce titre met mal ├ l’aise, son impact est tr├Îs sp├⌐cial. Le groupe joue avec nos ├⌐motions, et les siennes, puis une lueur toute relative r├⌐appara├«t avec le magnifique “Regret”, superbe d├⌐veloppement sur 8 minutes poignantes, entre orgue hammond et guitare acoustique, break aux choeurs splendide et final plus accentu├⌐, un des titres phares de cet album au m├¬me titre que ce “Feel” qui suit. Une nouvelle perle brute d’├⌐motions d├⌐licates, “ressentir” c’est l├ toute la cl├⌐ de cet album et le hurlement d├⌐chirant qui surgit au milieu du titre semble confirmer que ce n’est pas toujours ├⌐vident. Final grandiose qui s’├⌐vanouit progressivement pour laisser place ├ l’intimiste et l├⌐ger “Destiny”, la voix de Vincent Cavanagh sera d├⌐cid├⌐ment touchante jusqu’├ la derni├Îre seconde, tr├Îs joli final.
├ëvidemment Alternative 4 enfonce le clou et constitue en quelque sorte un nouveau chapitre pour le groupe, le pr├⌐c├⌐dent chapitre, autrefois doom-metal puis metal, ├⌐tant d├⌐sormais termin├⌐. Cette r├⌐alit├⌐ fera forc├⌐ment des contents et des m├⌐contents mais le groupe ├⌐volue et c’est louable. Apr├Îs, les go├╗ts ne se discutent pas mais on ne peut nier la dimension ├⌐motionnelle ├⌐norme de cet album. Une profondeur qui reste unique et qu’Anathema ma├«trise avec une grande classe. Et m├¬me si la majorit├⌐ de l’album est le fruit de la cr├⌐ativit├⌐ du g├⌐nial Duncan Patterson (Qui quittera d’ailleurs le groupe pour former Antimatter), on verra par la suite avec des albums comme Jugement ou A Fine Day To Exit, qu’├⌐mane une magie toute personnelle de la musique d’Anathema, quelque soit le line-up. Un album rock donc, parfois d├⌐sesp├⌐r├⌐, parfois plus optimiste, bref un album romantique qui caresse et perturbe vos ├⌐motions, une v├⌐ritable perle noire.
Appréciation: 













Le 16 décembre 2007 à 0:38
Wow.
C’est pas la 1├Îre chronique de cet album que je lis, mais tu l’as d├⌐crit exactement comme je le ressens.
C’est beau.
Le 5 juin 2009 à 13:36
Toujours aussi important pour moi cet album